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Quelle place pour le travail personnel ?

La question du travail personnel a fait l’objet d’études récentes dans le cadre de la réflexion sur sa suppression à l’école primaire. En revanche, encore trop peu d’études sont consacrées à ce sujet pour l’enseignement secondaire. Deux documents nous permettent pourtant d’y réfléchir dans le cadre de la pédagogie participative et sociale :

  • L’ouvrage de Patrick Rayou : Faire ses devoirs. Enjeux cognitifs et sociaux d’une pratique ordinaire (Presses universitaires de Rennes, 2009).

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Que nous montrent ses études ?

  1. D’abord, que les élèves consacrent peu de temps au travail personnel (une heure en moyenne par jour).
  2. Ensuite, que ce travail est généralement peu rentable. En effet, il consiste pour la plupart des élèves à relire leur cours ou à essayer de l’apprendre par cœur. Rares sont ceux qui réalisent des synthèses et fiches de révision leur permettant d’accompagner le processus d’apprentissage. Quant aux exercices d’entraînement pour mettre en application les connaissances acquises durant le cours, ils sont généralement réalisés jusqu’à ce que l’élève rencontre une difficulté et décide d’attendre la correction.
  3. L’usage des réseaux sociaux et des outils numériques (pour écouter de la musique, regarder des séries, etc.) continue à gagner du terrain sur le temps de travail personnel des élèves.
  4. Enfin, le travail réalisé à la maison renforce les inégalités sociales entre les élèves dont les parents peuvent assurer un suivi et les élèves qui se retrouvent seuls le soir face à leur cahier et leurs difficultés.

Ce travail est par ailleurs souvent mal vécu par les élèves et leurs parents car il est synonyme d’angoisse lorsqu’un exercice pose des difficultés. De plus, il suscite de nombreuses frustrations lorsque le professeur consacre finalement peu de temps en classe à sa reprise ou sa correction.

Blackboard-BroochQuelles solutions envisager ?

Beaucoup de professeurs considèrent à tort que la classe inversée consiste schématiquement à externaliser l’acquisition des connaissances à la maison pour réserver le travail d’apprentissage et d’entraînement à la classe. Or, cette stratégie serait vaine si elle était mise en œuvre systématiquement. Seules quelques parties de la leçon peuvent donner lieu à une telle inversion.

L’un des objectifs de la pédagogie participative et sociale (PEPS) consiste plutôt à chercher des solutions pour rentabiliser le travail personnel sans trop l’alourdir et surtout sans mettre en difficulté les élèves qui n’ont pas forcément un adulte à leur disposition à la maison pour répondre à d’éventuelles questions.

C’est pourquoi le travail personnel dans le cadre de la PEPS ne consiste jamais à donner des ressources brutes à apprendre sans accompagnement ou des exercices d’application de la leçon. Il est plutôt préférable d’accompagner les ressources à travailler d’un questionnaire qui va permettre à l’élève d’être guidé dans son apprentissage et de l’aider à sélectionner les informations importantes à retenir.

Pour plus d’interactivité, il est par exemple possible d’accompagner une ressource vidéo d’un formulaire Google permettant au professeur de recevoir un fichier informatisé avec toutes les réponses des élèves. Ainsi, il lui est plus facile de repérer les élèves qui n’auraient pas fait leur travail et de sélectionner directement les réponses qui nécessitent une remédiation. Par ailleurs, l’usage d’un formulaire informatisé permet d’accompagner l’outil d’un lien pour solliciter l’aide de ses camarades via un forum.

Quoi qu’il en soit, il est important que tout travail personnel donne lieu à une reprise en classe afin de s’assurer que tous les élèves ont bien compris les éléments à retenir et qu’ils peuvent donc désormais se consacrer en classe à des activités complexes.

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